La page blanche, le ticket froissé et moi
Où l’on parle de « junk journal »
La page blanche, le ticket froissé et moi
Il y a quelques années, on nous annonçait la mort du papier. Et pourtant - les ventes de carnets ont explosé. Moleskine, Leuchtturm, Rhodia… les marques se portent à merveille, et sur Instagram, les stationery lovers comptent leurs abonnés par millions.
Ce retour en grâce dit quelque chose de plus profond qu’une simple nostalgie : une fatigue. Celle des écrans omniprésents, des notifications, de l’écriture sous le regard invisible de l’algorithme. Ouvrir un carnet, c’est choisir de disparaître un peu. De se retrouver face à une page qui ne juge pas, ne formate pas, n’attend rien. Entre une main et une pensée - rien d’autre.
C’est dans cet élan, ce besoin presque physique de poser quelque chose quelque part, que j’ai rencontré le junk journal.
Un ticket de caisse. Une enveloppe kraft. Le coin déchiré d’un vieux magazine. Des matières que l’on jette sans y penser, et qui deviennent, assemblées dans un carnet cousu à la main, le journal le plus honnête que j’aie jamais tenu. Pas beau au sens conventionnel. Vrai, plutôt. Encombré comme une journée ordinaire. Imparfait comme la vie qu’il raconte.
Et vous ? Gardez-vous une trace de votre quotidien ?

